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GARDIEN D’UNE FLAMME QUI NE S’ÉTEINDRA PAS…
LE GÉNÉRAL COMBETTE
Français
La Flamme éternelle sur la tombe du Soldat inconnu
Par
Philippe Abplanalp
Secrétaire de l’Union des Sociétés Françaises de Genève (1)
Officier des Palmes Académiques
M. Abplanalp
La Francosphère Mexique-France remercie très respectueusement M. le Général Combette de sa généreuse approbation pour la publication du présent article sur notre site Internet, tout comme celle de Monsieur Philippe Abplanalp, Secrétaire de l’USFG.
Cette page est disponible au public de manière gratuite et peut être reproduite avec des fins non lucratives, pourvu qu’elle ne soit pas mutilée, et que sa source complète et son adresse électronique soient citées. Autrement, une permission préalable et par écrit de l’institution est nécessaire.
Le général de corps d’armée Jean Combette est le président du Comité de la Flamme, instance responsable du maintien et du ravivage de la flamme éternelle qui brille sur le tombeau du Soldat Inconnu.
Le général Jean Combette, saint-cyrien, breveté de l’École supérieure de guerre, est l’un des généraux les plus décorés de l’Armée française, grand-croix de la Légion d’honneur et notamment titulaire des trois « croix de guerre » (1939-1945, T.O.E. et croix de la Valeur militaire). Dans cette entrevue été accordée à l’Union des Sociétés françaises de Genève le général parle de sa prestigieuse carrière militaire et sur le rôle du Comité de la Flamme pour les jeunes générations.

Philippe Abplanalp (PhA): Mon Général, merci de nous recevoir pour cette interview à l’intention des Français de Genève. Pourriez-vous nous dire quelques mots sur votre passé militaire?

General Combette (GC): Mais oui, c’est très simple! J’avais 14 ans en 1940. Comme j’avais la vocation militaire — mon père était un grand mutilé de la guerre 14-18 où il avait perdu une jambe à l’âge de 20 ans et j’ai eu l’honneur de lui remettre par la suite la rosette de la Légion d’honneur — j’ai préparé Saint-Cyr, la Grande École d’Officiers. Mais au début de la guerre, en pleine Occupation allemande, les choses étaient très difficiles. Les « corniches » (n.d.r. classes préparatoires à Saint-Cyr) étaient supprimées. Je suis donc parti pour le maquis en 1944. Mon père m’a dit : « Tu sais ce que tu as à faire! » J’avais 18 ans. Puis je me suis engagé dans la Ie Armée du maréchal de Lattre. J’ai participé à la libération de l’Alsace et fait la campagne « Rhin et Danube».

PhA: Vous n’avez donc pas pu entrer à Saint-Cyr?

GC: Si! À la fin de la guerre. J’ai préparé le concours puis j’ai rejoint Saint-Cyr Coëtquidan, ce qui m’a permis de faire partie de la première promotion de la fin de la guerre en 1944, la promotion « Rome et Strasbourg », ce dont je suis particulièrement fier! J’ai ensuite été nommé sous-lieutenant le 1er décembre 1945. J’avais 20 ans. Et puis j’ai fait toutes les campagnes de l’Armée française durant la seconde moitié du XXe siècle. Cinq ans en Extrême-Orient, en Indochine. Cinq ans en Algérie. Trois ans dans le Sud Tunisien. Puis neuf ans en Allemagne, auprès du colonel Bigeard, à l’état-major des forces françaises à Berlin. Puis à nouveau auprès du général Bigeard, lorsqu’il est devenu secrétaire d’Etat à la Défense nationale.

PhA: Quel regard portez-vous sur cette prestigieuse carrière militaire?

GC: J’ai assumé ma mission de soldat, à chaque fois, le mieux possible, dans des conditions parfois difficiles. Mais j’ai cru en ce que je faisais et j’ai essayé de remplir ce qu’est pour moi la mission d’un officier. Essayer de faire en sorte que ce qu’on lui demande soit bien fait et défendre les intérêts de la France.

PhA: Vous m’avez dit que votre père était un grand mutilé de la guerre 14 -18. Est-ce que cet événement a été pour vous une raison d’autant plus forte d’accepter la présidence du Comité de la Flamme?

GC: Non, non ça n’a rien à voir. La raison, c’est qu’on m’a demandé si je voulais assumer les fonctions de la Présidence du Comité de la Flamme, alors que j’étais disponible. J’ai pensé que c’était l’occasion de continuer à servir mon pays.

PhA: Mon Général, quand cette flamme a-t-elle été allumée pour la première fois sur la tombe du Soldat inconnu?
GC:
Le 11 novembre 1923, pour le cinquième anniversaire de l’Armistice. Mais la tombe elle-même a été inaugurée le 28 avril 1921.

PhA: Est-ce que cette flamme s’est déjà éteinte?

GC: Non, elle ne s’est jamais éteinte. Elle a toujours brillé sous l’Arc de Triomphe. Même pendant la Seconde Guerre mondiale, même sous l’Occupation allemande, elle a été ravivée tous les soirs par les anciens combattants.

PhA: Comment cette cérémonie se déroule-t-elle?

Foto: Sr. Georges Boutillier. ©
Le Général Jean Combette
À la Chancellerie de la Légion d’Honneur.

GC: Comme la flamme doit brûler éternellement, elle n’est pas rallumée, mais « ravivée », au moyen d’un dispositif spécial. Elle est donc ravivée chaque soir à 18 heures 30. Et tous les soirs au crépuscule, par arrêté ministériel, les « Amis de l’Association de la Flamme sous l’Arc de Triomphe » sont chargés de raviver la flamme.

PhA: Est-ce que d’autres personnes ou d’autres associations peuvent raviver la flamme?

GC: Oui, des associations d’anciens combattants, des soldats de régiments de l’Armée française. Mais, le plus important à mes yeux, ce sont les élèves des lycées, des collèges ou des écoles. Et puis il y a un rituel particulier. Lorsque la troupe vient rendre les honneurs, il y a une « Sonnerie aux Morts » pour rendre hommage aux soldats morts pour la France.

PhA: Est-ce que le Comité de la Flamme s’occupe également de l’entretien de la tombe du Soldat inconnu?

GC: Cela fait aussi partie de ses activités.

PhA: En 2001, le service militaire a été supprimé en France et l’Armée française est devenue entièrement professionnelle. Est-ce que le Comité de la Flamme participe à des campagnes d’information pour promouvoir l’engagement dans l’Armée?

GC: Non, on accueille les personnalités sous l’Arc de Triomphe, on accueille les gens qui participent au plan « vigie-pirate ». Il y a aussi des cérémonies de prises d’armes, des drapeaux, des détachements d’honneur. Mais je ne fais aucune promotion pour l’Armée, ce n’est pas mon rôle.

PhA: Et que faites-vous pour les jeunes?

GC: J’ai eu 9 000 jeunes qui sont venus cette année (n.d.r. en 2006) dans le cadre de l’Éducation nationale. Il y a eu des soirs où il y avait 200 jeunes ensemble devant le tombeau du Soldat inconnu.

PhA: Est-ce qu’il y a un événement qui vous a touché plus particulièrement lorsque des jeunes sont venus raviver la flamme?

GC: Oui, cette jeune fille qui avait reçu le Prix de la Résistance et qui a ravivé la flamme aux côté du Président de la République, M. Jacques Chirac, en 2003. Il y a aussi beaucoup de jeunes qui font des concours d’instruction civique et qui viennent à l’Arc de Triomphe. Vous voyez, la tombe du Soldat inconnu est un lieu où l’on peut rencontrer beaucoup de gens...

PhA: Ce soir, vous venez de participer à l’assemblée générale de la section suisse de l’Observatoire Citoyen de Défense et de Protection civile (OCDPC), qui a eu lieu Genève, à l’invitation de son président-délégué pour la Suisse, M. Christian Thevenaz. Depuis de nombreuses années, nous nous sentons très concernés en Suisse par la protection civile. En Suisse, toutes les caves des maisons sont aménagées pour servir d’abris en cas de guerre ou d’épidémie. Mon Général, pour vous qui avez participé à de nombreuses guerres, quelle est l’importance de la protection civile?

GC: La protection civile est une activité qui concerne les jeunes de notre époque, tout comme le problème du terrorisme. Tout à l’heure, nous avons entendu un remarquable exposé sur la grippe aviaire. Eh bien le rôle de la protection civile, c’est de protéger la population, la société, comme nous l’avons fait en notre temps contre l’ennemi. C’est une nécessité aujourd’hui.

PhA: Je reviens au Soldat inconnu et à l’histoire pour ma dernière question. Est-ce qu’il serait possible que le Soldat inconnu soit un Français de Genève ou un Suisse mort pour la France?

GC: C’est parfaitement possible. Tous les morts au champ d’honneur pour notre liberté, tous ces soldats inconnus sont représentés par le Soldat inconnu. Et lorsqu’on ravive la flamme, c’est un geste d’espérance qui veut dire : « Plus jamais ça! »

 

NOTES:

1) Philippe Abplanalp est le Secrétaire général de l’Union des Sociétés françaises de Genève qui réunit 25 associations. Historien, il prépare actuellement un ouvrage sur l’histoire de la Communauté française de Genève et il a effectué cet entretien avec le général Combette, Président honoraire de « La Flamme sous l’Arc de Triomphe ».
2) N.d.r. classes préparatoires à Saint-Cyr. Voir aussi notre article « Dix-huit ans en 1944, témoignage d’un adolescent candidat à Saint-Cyr » (en espagnol).
3) Observatoire Citoyen de Défense et de Protection civile (OCDPC).

AUTRES RÉFÉRENCES:

- Union de Associations « La Flamme sous l’Arc de Triomphe » (Chemins de Mémoire).
- Calendrier du ravivage de la flamme.

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