« Tout pour l'Empire » - Instituto Napoleónico México-Francia.

Instituto Napoleónico México Francia.
México.
Francia.
Instituto Napoleónico México-Francia - Institut Napoléonien Mexique-France
Eduardo Garzón-Sobrado, fundador.
S.A.I. Jean-Christophe Napoléon, Prince Impérial.
RECUERDOS DEL PUEBLO
Souvenirs du peuple

Por

Pierre-Jean de Béranger

Traducción del Instituto Napoleónico México-Francia ©
Pierre-Jean de Béranger (1780-1857)
Grabado; cortesía de Albert Martin.

 

SOUVENIRS DU PEUPLE

Sur l'air de: Passez vot' chemin beau sire

1

On parlera de sa gloire
Sous le chaume bien longtemps
L'humble toit, dans cinquante ans,
Ne connaîtra plus d'autre histoire.

Là viendront les villageois
Dire alors à quelque vieille:
Par des récits d'autrefois,
Mère, abrégez notre veille.

Bien, dit-on qu'il nous ait nui,
Le peuple encor le révère,
Oui, le révère.
Parlez-nous de lui,
Parlez-nous de lui, grand'mère;
Parlez-nous de lui,
Parlez-nous de lui.

2

Mes enfants, dans ce village,
Suivi de rois, il passa.
Voilà bien longtemps de ça;
Je venais d'entrer en ménage.
A pied grimpant le coteau
Où pour voir je m'étais mise,
Il avait petit chapeau
Avec redingote grise.
Près de lui je me troublai;
Il me dit : Bonjour, ma chère,
Bonjour, ma chère.
- Il vous a parlé, grand'mère!
Il vous a parlé!

3

L'an d'après, moi, pauvre femme,
A Paris étant un jour,
Je le vis avec sa cour:
Il se rendait à Notre-Dame.
Tous les cœurs étaient contents,
On admirait son cortège.
Chacun disait : Quel beau temps!
Le ciel toujours le protège.
Son sourire était bien doux.
D'un fils Dieu le rendait père,
Le rendait père.
- Quel beau jour pour vous, grand'mère!
Quel beau jour pour vous!

4

Mais quand la pauvre Champagne
Fut en proie aux étrangers,
Lui, bravant tous les dangers,
Semblait seul tenir la campagne.
Un soir, tout comme aujourd'hui,
J'entends frapper à la porte;
J'ouvre, bon Dieu! c'était lui,
Suivi d'une faible escorte.
Il s’asseoit où me voilà,
S'écriant: Oh! quelle guerre!
Oh! quelle guerre!
- Il s’est assis là, grand'mère!
Il s’est assis là!

5

J'ai faim, dit-il; et bien vite
Je sers piquette et pain bis.
Puis il sèche ses habits,
Même à dormir le feu l'invite.
Au réveil, voyant mes pleurs,
Il me dit : Bonne espérance!
Je cours de tous ses malheurs
Sous Paris, venger la France.
Il part; et comme un trésor
J'ai depuis gardé son verre.
Gardé son verre.
- Vous l'avez encor, grand'mère!
Vous l'avez encor!

6

Le Voici. Mais à sa perte
Le héros fut entraîné.
Lui, qu'un pape a couronné,
Est mort dans une île déserte.
Longtemps aucun ne l'a cru.
On disait: Il va paraître;
Par mer il est accouru;
L'étranger va voir son maître.
Quand d'erreur on nous tira,
Ma douleur fut bien amère,
Fut bien amère!
- Dieu vous bénira, grand-mère;
Dieu vous bénira.

Extrait des Oeuvres Complètes de P. J de Béranger - 1850 – pp. 218, 219 - Librairie Encyclopédique de Périchon – Bruxelles.

 

RECUERDOS DEL PUEBLO

Sobre el aire de: Pasad de largo, hermoso señor

1

Se hablará de su gloria
Bajo la choza por mucho tiempo
El humilde techo, en cincuenta años,
No conocerá más otra historia.

Ahí vendrán los pueblerinos
A decir entonces a alguna vieja:
Con relatos de otrora,
Madre, abreviad nuestra vela.

Bien, se dice que nos perjudicó,
El pueblo aún le reverencia,
Sí, le reverencia.
Habladnos de él,
Habladnos de él, abuela;
Habladnos de él,
Habladnos de él.

2

Hijos míos, en este pueblo,
Seguido por reyes, él pasó.
Hace mucho tiempo de eso;
Yo acababa de casarme.
A pie escalando la ladera
Donde para ver me había puesto,
Él tenía sombrerito
Con gabardina gris.
Cerca de él me atolondré;
Me dijo: Buen día, querida,
Buen día, querida.
- ¡Él os habló, abuela!
¡Él os habló!

3

El año siguiente, yo, pobre mujer,
Estando en París un día,
Le vi junto con su corte:
Se dirigía a Nuestra-Señora.
Todos los corazones estaban contentos,
Se admiraba su cortejo.
Cada quien decía: ¡Qué buen tiempo!
El cielo siempre le protege.
Su sonrisa era bien dulce.
De un hijo Dios le volvía padre,
Le volvía padre.
- ¡Qué hermoso día para vos, abuela!
¡Qué hermoso día para vos!

4

Pero cuando la pobre Champaña
Cayó presa de los extranjeros,
Él, desafiando todos los peligros,
Parecía defender el campo solo.
Una noche, así como hoy,
Oigo tocar a la puerta;
Abro, ¡buen Dios! Era él,
Seguido por una débil escolta.
Se sienta donde heme,
Exclamando: ¡Oh! ¡Qué guerra!
¡Oh! ¡Qué guerra!
- ¡Él se sentó ahí, abuela!
¡Él se sentó ahí, abuela!

5

Tengo hambre, dijo; y bien pronto
Sirvo pirriaque y pan bazo.
Luego seca sus ropas,
Incluso a dormir el fuego le invita.
A la hora de despertar, viendo mis llantos,
Me dice: ¡Buena esperanza!
Corro de todas sus desdichas
A París, a vengar a Francia.
Parte; y como un tesoro
Desde entonces he guardado su vaso.
Guardado su vaso.
- ¡Lo tenéis aún, abuela!
¡Lo tenéis aún!

6

Helo aquí. Pero tras su perdición
El héroe fue llevado.
Él, a quien un papa ha coronado,
Murió en una isla desierta.
Por largo tiempo nadie lo creyó.
Se decía: va a aparecer;
Por mar acudió;
El extranjero va a ver a su amo.
Cuando del error se nos sacó,
Mi dolor fue bien amargo,
¡Fue bien amargo!
- Dios os bendecirá, abuela;
Dios os bendecirá.

Tomado de las Obras Completas de P. J de Béranger - 1850 – pp. 218, 219 - Librairie Encyclopédique de Périchon – Bruselas.